Les capteurs hyperspectraux de la société Orbital Sidekick (OSK) ont permis de découvrir des dommages inédits sur le site souterrain d’enrichissement de combustible nucléaire de Fordow, en Iran, après les frappes américaines du 22 juin 2025. Grâce à sa constellation GHOSt (Global Hyperspectral Observation Satellite), OSK a identifié une structure rectangulaire effondrée, suggérant des dégâts majeurs au sein de l’installation, selon un document technique publié par l’entreprise. Les analystes ont également détecté des signatures spectrales distinctes de béton autour des points d’impact présumés des bombes, confirmant l’ampleur des destructions.
Une technologie spatiale incontournable pour le renseignement
Pour Dan Katz, PDG et cofondateur d’OSK, cette capacité à analyser des structures endommagées ou des fuites chimiques depuis l’espace (à plus de 500 km d’altitude) représente un avantage stratégique décisif. « Dans des zones à accès restreint, comme Fordow, les capteurs spatiaux deviennent la seule solution fiable pour collecter des renseignements critiques », souligne-t-il dans un échange avec SpaceNews. Contrairement aux avions ou drones, limités par les restrictions de l’espace aérien, les satellites hyperspectraux offrent une alternative unique pour évaluer des cibles sensibles en temps réel.
Fordow : des dégâts invisibles aux images classiques
Alors que les premières analyses post-frappe s’appuyaient sur des images électro-optiques (comme celles de Maxar), révélant des trous d’entrée de bombes et des résidus gris en surface, l’imagerie hyperspectrale d’OSK a permis d’identifier trois types de béton différents parmi ces débris. « Nous avons mis en évidence une structure symétrique endommagée, invisible sur les clichés standards », précise Katz. Cette précision ouvre la voie à des applications inédites en matière de surveillance des infrastructures critiques et de détection de pollutions.
Des applications bien au-delà du militaire
Si les capteurs hyperspectraux sont déjà utilisés dans l’agriculture, l’exploitation minière ou la gestion des ressources, leur potentiel pour l’évaluation des dommages et la détection de catastrophes s’avère prometteur. « Cette technologie peut repérer des fuites chimiques accidentelles – comme des marées noires ou des déversements de fertilisant après un déraillement – ou des dégâts structurels causés par des attaques ou des catastrophes naturelles », explique Katz. Par exemple, elle permet de localiser du pétrole sur l’eau ou le sable après la rupture de réservoirs, ou d’évaluer l’impact environnemental d’un accident industriel.
OSK : une expertise en pleine expansion
L’entreprise collabore activement avec les secteurs de la Défense, du Renseignement, mais aussi de l’énergie et des mines, pour répondre à des enjeux complexes : exploration de ressources, surveillance environnementale, ou encore sécurité des infrastructures. « Notre technologie est déjà déployée pour des missions variées, allant de la protection des pipelines à la détection de polluants », indique le document d’OSK.
Pourquoi cette avancée est-elle un tournant ? L’imagerie hyperspectrale pourrait révolutionner la collecte de renseignements, en offrant une analyse fine et discrète des zones inaccessibles. Avec des tensions géopolitiques croissantes, cette capacité devient un atout clé pour les États et les industries. Souhaitez-vous des détails sur les autres sites surveillés par OSK ou sur les limites technologiques de cette méthode ?


