27 août 2025 — La Chine a lancé une nouvelle série de satellites Guowang à large bande tard lundi, marquant une étape supplémentaire dans la construction de sa mégaconstellation nationale de communications en orbite terrestre basse (LEO). Ce lancement s’inscrit dans une stratégie ambitieuse visant à déployer un réseau de communication à haut débit entièrement contrôlé par le pays, réduisant ainsi sa dépendance aux infrastructures étrangères et renforçant sa souveraineté technologique.
Un projet stratégique pour l’autonomie numérique
Le programme Guowang (littéralement « Réseau national ») est piloté par la China Satellite Network Group Co., une entreprise publique créée en 2021 pour superviser le développement de cette constellation. À terme, le projet prévoit le déploiement de plus de 13 000 satellites en orbite basse, rivalisant avec des initiatives internationales comme Starlink (SpaceX) ou OneWeb. L’objectif est de fournir une couverture internet haut débit mondiale, avec une priorité pour les régions reculées de Chine et les pays partenaires de la Nouvelle Route de la Soie numérique.
Ce dernier lancement, effectué depuis le centre spatial de Xichang (province du Sichuan) ou Jiuquan (désert de Gobi), selon les sources, confirme l’accélération du rythme des mises en orbite. Depuis 2023, la Chine a déjà placé plusieurs centaines de satellites Guowang en orbite, avec des capacités de transmission estimées à plusieurs dizaines de gigabits par seconde.
Une réponse aux enjeux géopolitiques et technologiques
La construction de Guowang s’inscrit dans un contexte de tensions technologiques entre la Chine et les États-Unis, notamment autour de l’accès à l’internet spatial. Pékin cherche à sécuriser ses communications stratégiques, tant pour des usages civils (télémédecine, éducation à distance) que militaires (communications sécurisées pour les forces armées). Le réseau devrait également soutenir le développement des véhicules autonomes, de l’Internet des objets (IoT) et des smart cities en Chine et à l’étranger.
Contrairement à Starlink, qui est opéré par une entreprise privée, Guowang est un projet étatique, ce qui soulève des questions sur son utilisation potentielle pour la surveillance ou le contrôle des flux de données. Les autorités chinoises insistent cependant sur son caractère civil et commercial, avec des partenariats envisagés avec des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.
Des défis techniques et réglementaires
Le déploiement d’une constellation de cette envergure pose plusieurs défis :
- Gestion du trafic spatial : Avec des milliers de satellites en orbite basse, les risques de collisions et de débris spatiaux augmentent, nécessitant une coordination internationale renforcée.
- Interopérabilité : La Chine devra garantir la compatibilité de Guowang avec les normes internationales, notamment pour les communications transfrontalières.
- Coûts et durabilité : Le projet nécessite des investissements colossaux et une gestion rigoureuse des ressources, notamment pour éviter la saturation des orbites basses.
Prochaines étapes
D’après les plans officiels, la première phase de Guowang (environ 1 300 satellites) devrait être opérationnelle d’ici 2027, avec une couverture mondiale complète prévue pour 2030. La Chine mise sur des technologies innovantes, comme des satellites à propulsion électrique et des liaisons laser inter-satellites, pour optimiser les performances du réseau.
Guowang n’est donc pas seulement une infrastructure de communication, mais un outil de soft power pour la Chine. En offrant une alternative à Starlink, Pékin renforce son influence dans les pays en développement, tout en sécurisant ses propres besoins en connectivité


