Eutelsat a annoncé un partenariat stratégique avec la startup française Skynopy, spécialisée dans la connectivité par satellite. Ensemble, ils vont mettre à disposition des opérateurs d’observation de la Terre la capacité excédentaire des stations terrestres du réseau OneWeb, le service haut débit en orbite basse (LEO) d’Eutelsat.
Un bond d’échelle inédit
Ce partenariat ouvre l’accès à 600 antennes en bande Ka réparties sur 42 sites mondiaux. Une avancée majeure pour Skynopy, dont le réseau actuel ne compte que 30 antennes S- et X-band sur 15 sites.
« Il s’agit de capacités excédentaires, mais parfois énormes », explique Pierre Bertrand, cofondateur et PDG de Skynopy. « Certaines antennes ne sont quasiment jamais utilisées, et d’autres ne fonctionnent qu’à 40 % de leur temps. »
Vers une connectivité quasi temps réel
Aujourd’hui, l’observation de la Terre repose sur moins de 30 stations X-band actives dans le monde, avec des latences atteignant souvent 30 minutes.
En comparaison, les satellites LEO seront presque toujours visibles depuis au moins une station du réseau Skynopy, garantissant une connexion quasi instantanée.
Les transmissions en bande Ka offrent aussi une vitesse bien supérieure : jusqu’à 10 Gbit/s par passage, soit cinq fois plus rapide que les réseaux X-band actuels.
Une approche hybride et évolutive
Skynopy entend adapter les antennes OneWeb aux besoins de l’observation de la Terre via son logiciel, tout en ajoutant progressivement ses propres antennes S, X et Ka sur les sites existants.
Cette approche hybride soutient les opérateurs encore dépendants de la bande X, tout en préparant la transition vers des services Ka à très haut débit.
Cette évolution est portée par l’explosion des charges utiles générant des volumes massifs de données : imagerie hyperspectrale, radar, vidéo haute résolution… Des applications critiques – défense, gestion des catastrophes – exigent désormais un accès rapide et continu aux données satellitaires.
Le projet Akar : un réseau pionnier
Le programme, baptisé Akar, est soutenu par le gouvernement français. Il se veut le premier réseau mondial de stations Ka-band dédié à l’observation de la Terre, conçu pour offrir une connectivité en temps réel.
Une première phase de tests débutera dans les prochains mois avec un programme bêta d’un an, avant un déploiement à grande échelle d’ici cinq ans.
Une nouvelle ambition pour Eutelsat
« Ce partenariat nous permet de libérer le potentiel commercial de notre réseau OneWeb et de cibler un nouveau marché, complémentaire de nos satellites géostationnaires et constellations LEO », souligne Jean-François Falalcher, PDG d’Eutelsat.
Selon lui, Akar pourrait « révolutionner le segment terrestre en seulement cinq ans ».
Cette annonce intervient alors qu’Eutelsat a récemment restructuré son activité terrestre, en cédant une grande partie de ses infrastructures à EQT Partners afin de se concentrer sur un modèle de stations au service des opérateurs.


