dim 8 février 2026
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La France relance le radar transhorizon Nostradamus pour renforcer sa détection balistique et spatiale

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Le ministère des Armées a officiellement relancé le développement du radar transhorizon Nostradamus, un projet stratégique visant à doter la France d’une capacité autonome de détection et d’alerte avancée face aux menaces balistiques et aérospatiales. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des recommandations du Livre blanc sur la Défense et la Sécurité nationale (LBDSN) de 2008, qui soulignait déjà l’urgence de se prémunir contre l’émergence de missiles capables d’atteindre l’Europe et la France.

Un héritage technologique et des ambitions spatiales

Le LBDSN de 2008 prévoyait la mise en place d’un système de détection à très longue portée, complété par une composante spatiale. Un démonstrateur radar devait aboutir à une première capacité opérationnelle dès 2015, tandis que des études préparatoires devaient permettre le lancement d’un programme de détection depuis l’espace, idéalement en coopération européenne. Pour réduire la dépendance aux systèmes américains (satellites DSP-I puis SBIRS), la France avait lancé le programme SPIRALE (Système préparatoire infrarouge pour l’alerte), qui a permis de placer deux microsatellites en orbite pour constituer une base de données d’images infrarouges. Bien que technologiquement réussi, SPIRALE n’a pas eu de suite en raison de contraintes budgétaires. Aujourd’hui, la détection spatiale repose sur le programme ODIN’S EYE, financé par le Fonds européen de défense (FEDef) et piloté par l’allemand OHB System AG.

Nostradamus : un radar révolutionnaire développé par l’ONERA

Le démonstrateur Nostradamus, développé par l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (ONERA), représente une avancée majeure. Installé sur l’ancienne base aérienne de Dreux-Louvilliers (Eure-et-Loir), il s’étend sur 12 hectares et utilise des fréquences HF pour exploiter la réflexion des ondes sur l’ionosphère (propagation par « onde de ciel »). Contrairement aux radars classiques, limités par la courbure terrestre, Nostradamus peut détecter des objets volants – y compris furtifs – à des distances comprises entre 800 et 3 000 km, sur 360 degrés, et ce, à toute altitude, même très basse. Comme l’explique l’ONERA, ce système permet une illumination constante par le haut, comblant ainsi les lacunes des radars traditionnels.

Une relance concrète après des années de discrétion

Longtemps resté dans l’ombre, le projet a été remis en lumière en juin 2025 par le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, dans le cadre de la stratégie pour la Très Haute Altitude (THA), avec un financement initial de 2 millions d’euros. Le 4 septembre 2025, cette volonté s’est concrétisée par la signature d’une convention d’expérimentation entre l’Agence de l’innovation de défense (AID), l’ONERA et TDF. L’objectif : démontrer les capacités du radar transhorizon à détecter des avions, missiles et ballons, notamment dans la THA, en s’appuyant sur des technologies numériques récentes et des configurations monostatiques et bistatiques.

Un enjeu de souveraineté et de sécurité

Cette relance s’inscrit dans une logique de renforcement de l’autonomie française en matière de surveillance spatiale et de défense antimissile. En combinant les atouts de Nostradamus avec les futurs systèmes spatiaux, la France entend se doter d’un dispositif complet et résilient, capable de répondre aux défis croissants dans un environnement stratégique de plus en plus complexe.


Pourquoi cette relance intervient-elle maintenant ? Cette décision pourrait refléter une accélération des menaces (missiles hypersoniques, drones, ballons espions) et la nécessité de réduire la dépendance aux alliances pour la détection précoce. Souhaitez-vous des précisions sur les applications militaires ou les partenariats européens associés à ce projet ?

Source : https://www.defense.gouv.fr/actualites/radar-nostradamus-detecter-plus-haut-plus-loin

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