Après un , le rover VIPER (Volatiles Investigating Polar Exploration Rover) est de retour sur les rails. La NASA a officiellement sélectionné Blue Origin pour livrer ce chasseur de glace au pôle sud de la Lune en 2027, une région mystérieuse où l’ombre éternelle des cratères cache peut-être l’une des ressources les plus précieuses pour l’avenir de l’exploration spatiale : l’eau sous forme de glace. Ce revirement, marqué par un partenariat avec le géant spatial de Jeff Bezos, marque un tournant stratégique pour l’agence américaine, qui mise désormais sur une collaboration public-privé renforcée pour conquérir la Lune.
1. VIPER : une mission scientifique de premier plan
Pourquoi le pôle sud lunaire ? Les régions polaires de la Lune, en particulier les cratères plongés dans une obscurité permanente, sont considérés comme des . Cette ressource est essentielle pour :
- Soutenir une présence humaine durable sur la Lune (eau potable, oxygène, carburant).
- Comprendre l’origine de l’eau dans le système solaire et son rôle dans l’évolution des planètes.
- Préparer les futures missions habitées vers Mars, en testant des technologies d’extraction et de recyclage.
VIPER, équipé de quatre instruments scientifiques, aura pour mission de cartographier et analyser ces dépôts de glace, en forant jusqu’à un mètre de profondeur. Ses données pourraient révolutionner notre compréhension de la Lune et ouvrir la voie à une .
2. Un partenariat inattendu : Blue Origin entre en jeu
Pourquoi Blue Origin ? Initialement, la NASA avait confié la livraison de VIPER à Astrobotic, dans le cadre du programme CLPS (Commercial Lunar Payload Services). Mais des avaient conduit à l’annulation du projet en 2024. Cette fois, c’est Blue Moon Mark 1, l’atterrisseur lunaire de Blue Origin, qui sera chargé de transporter le rover.
Un contrat en deux temps :
- CS-7 : Ce nouveau contrat couvre la conception des installations pour accueillir VIPER sur Blue Moon, ainsi que sa livraison sur la surface lunaire.
- Financement conditionnel : La NASA n’exercera l’option de paiement pour la livraison qu’après la réussite de la première mission Blue Moon, une approche prudente pour limiter les risques financiers.
John Thornton, PDG d’Astrobotic, a expliqué le retrait de son entreprise : « Nous avons choisi de nous concentrer sur nos engagements existants, notamment notre mission Griffin en 2026. » Une décision qui laisse le champ libre à Blue Origin, ravi de s’imposer comme un acteur clé de l’exploration lunaire.
3. Une stratégie gagnante pour la NASA ?
Flexibilité et rentabilité En s’appuyant sur des partenaires privés, la NASA réduit ses coûts tout en accélérant le rythme des missions. « Cette approche innovante nous permet de maintenir notre leadership dans l’exploration spatiale, de manière efficace et économique », a déclaré un porte-parole de l’agence.
Un signal fort pour Artemis La relance de VIPER s’inscrit dans la stratégie globale d’Artemis, qui vise à établir une . La détection et l’exploitation de la glace d’eau sont des étapes critiques pour :
- Alimenter les bases lunaires en ressources locales (concept d’ISRU, In-Situ Resource Utilization).
- Réduire la dépendance aux ravitaillments terrestres, un impératif pour les missions de longue durée.
Un coup de pouce pour Blue Origin Pour Blue Origin, ce contrat est une opportunité majeure :
- Valider les capacités de Blue Moon Mark 1, conçu pour transporter jusqu’à 3 tonnes de charge utile.
- Renforcer sa position face à SpaceX et d’autres concurrents dans la .
4. Les zones d’ombre du projet
Calendrier et transparence La NASA n’a pas révélé :
- Le détail du calendrier pour la mission CS-7.
- Le nombre d’offres reçues pour ce contrat, laissant planer des questions sur la concurrence.
Des défis techniques à relever
- et mal éclairée.
- (températures glaciales, absence de lumière solaire directe).
- Garantir la communication avec le rover, malgré les contraintes des cratères ombragés.
5. VIPER, pièce maîtresse de la conquête lunaire
Un rover hautement spécialisé VIPER est conçu pour :
- Résister à des températures descendant jusqu’à -240°C.
- Se déplacer de manière autonome grâce à des algorithmes avancés.
- Transmettre des données en temps réel vers la Terre, malgré les 384 000 km qui nous séparent.
Un héritage pour les futures missions Les données recueillies par VIPER seront indispensables pour :
- Choisir les sites d’atterrissage des missions Artemis.
- Développer des technologies d’extraction de la glace.
- Préparer l’arrivée des premiers colons lunaires.
6. Et après ? Les prochaines étapes
- 2026 : Première mission de Blue Moon (sans VIPER), un test crucial pour valider l’atterrisseur.
- 2027 : Lancement de VIPER, si tout se déroule comme prévu.
- 2028 et au-delà : Utilisation des données pour planifier l’exploitation des ressources lunaires.
Un enjeu géopolitique La course à l’eau lunaire ne concerne pas seulement les États-Unis. La Chine, la Russie et des acteurs privés comme ispace (Japon) ont également des projets similaires. Qui parviendra le premier à exploiter cette ressource ?
VIPER, symbole d’une nouvelle ère lunaire
La résurrection de VIPER illustre la résilience de la NASA et sa capacité à s’adapter aux défis. En s’alliant avec Blue Origin, l’agence spatiale américaine montre qu’elle mise sur l’innovation et la collaboration pour écrire le prochain chapitre de l’exploration lunaire.
Reste une question : cette mission marquera-t-elle le début d’une ère où la Lune deviendra une véritable « station-service » pour l’humanité ?


