Fondée il y a neuf ans par deux amis d’enfance, Narayan Subramaniam (PDG) et Niraj Rajmohan (CTO), la startup indienne Ultraviolette bouscule le marché des deux-roues électriques en misant sur des motos haut de gamme, capables de rivaliser avec les modèles thermiques de 150cc à 800cc. Contrairement à la majorité des constructeurs indiens, qui se concentrent sur des scooters électriques low-cost, Ultraviolette a choisi dès le départ une approche premium et technologique, inspirée par des marques comme Tesla.
Des motos électriques conçues pour la performance et l’innovation
Avec des modèles comme le F77 Mach 2 (lancé en 2024) et le F77 SuperStreet (février 2025), la marque se distingue par :
- Des performances comparables aux motos thermiques, avec une accélération et une autonomie adaptées aux exigences des motards.
- Une connectivité avancée, incluant des eSIM intégrées, une maintenance prédictive et des systèmes de détection des angles morts.
- Un design et une ingénierie de pointe, combinant expertise mécanique, électronique et informatique.
Cette stratégie a déjà séduit plus de 3 000 clients en Inde, où les deux-roues sont avant tout perçus comme un moyen de transport abordable et pratique. Pourtant, Ultraviolette vise bien au-delà : un positionnement mondial, avec des certifications européennes obtenues avant même son entrée sur le marché.
Une expansion rapide et ambitieuse
Fort d’une levée de fonds de 21 millions de dollars menée par TDK Ventures (le bras investissement du géant japonais TDK Corporation), Ultraviolette passe à la vitesse supérieure :
- 10 pays européens déjà couverts en 2025.
- Une extension prévue en Amérique latine, Asie du Sud-Est, États-Unis et Japon d’ici 2027.
- 14 nouveaux modèles en développement pour élargir sa gamme.
- Une usine à Bengaluru d’une capacité de 30 000 unités par an, avec 500 employés et un objectif de 100 magasins en Inde d’ici mars 2026.
L’entreprise, qui a levé 75 millions de dollars à ce jour (avec des investisseurs comme Qualcomm Ventures, Exor et TVS Motor), table sur un chiffre d’affaires de 50 millions de dollars d’ici la fin de l’exercice en cours.
Une approche différente des autres constructeurs indiens
Contrairement à ses concurrents locaux, Ultraviolette a d’emblée pensé global :
- Certifications internationales avant même de commercialiser ses modèles en Europe.
- Une usine modulaire à Bengaluru, prête à monter en puissance pour répondre à la demande mondiale.
- Une expérience utilisateur premium, avec des fonctionnalités habituellement réservées aux voitures haut de gamme (comme les mises à jour logicielles à distance).
Un pari sur l’avenir des deux-roues électriques
Alors que le marché indien des véhicules électriques explose, Ultraviolette mise sur une double stratégie :
- Renforcer sa présence locale avec des magasins dédiés et une production accrue.
- Conquérir les marchés internationaux où la moto reste un symbole de liberté et de performance.
Avec des plans d’expansion agressifs et une vision long terme, la startup pourrait bien devenir le Tesla des deux-roues – un acteur clé dans la transition vers la mobilité électrique, sans compromis sur le plaisir de conduite.
Prochaine étape : les États-Unis et le Japon
Après l’Europe et l’Asie, Ultraviolette prépare son arrivée sur des marchés exigeants comme les États-Unis et le Japon, où la concurrence est féroce (Harley-Davidson, Zero Motorcycles, etc.). Si elle parvient à y imposer ses motos, la marque pourrait redéfinir les standards du secteur et prouver que l’Inde peut exporter des véhicules électriques haut de gamme et innovants.
À suivre de près ! 🏍️⚡


