Un départ surprise au cœur du programme lunaire américain Le Centre de vol spatial Marshall, pilier historique de la NASA basé en Alabama, vient de perdre son directeur. Joseph Pelfrey a annoncé sa démission dans un mémo interne daté du 24 septembre 2025, sans en expliquer les raisons précises. Son départ s’inscrit dans une série de changements brutaux à la tête des centres clés de l’agence, alors que la NASA accélère son programme Artemis pour retourner sur la Lune.
Dans son message aux équipes, Pelfrey évoque la nécessité de laisser la nouvelle direction de la NASA choisir ses propres leaders pour mener à bien les missions à venir :
« Alors que l’Agence s’engage dans une mission audacieuse pour ramener des humains sur la Lune, cela exigera l’attention totale de ses dirigeants. Il est temps pour moi de quitter mon poste afin que l’équipe choisie par la direction puisse avancer. »
Il assure vouloir « explorer de nouvelles façons de servir notre programme spatial et notre nation », sans préciser ses projets futurs.
Un parcours marqué par l’ascension interne Nommé directeur en février 2024 après un an en tant qu’intérimaire, Pelfrey avait rejoint Marshall en 2004 comme ingénieur aérospatial. Promu directeur adjoint en 2022, il avait pris la suite de Jody Singer, partie à la retraite en juin 2023. Son départ laisse le centre sans titulaire officiel : la page web de la NASA le mentionnait encore comme directeur le 27 septembre, tandis que Rae Ann Meyer, directrice adjointe depuis mai 2024, assure désormais l’intérim. Cette dernière, ingénieure au centre depuis 1989, devient la troisième femme à diriger Marshall par intérim en deux ans.
Une hémorragie de talents aux commandes Pelfrey est le troisième directeur de centre à quitter la NASA en quelques mois :
- Laurie Leshin (JPL) a démissionné le 1er juin 2025, invoquant des « raisons personnelles ». Elle a été remplacée par David Gallagher.
- Makenzie Lystrup (Centre Goddard) a quitté ses fonctions le 1er août 2025, remplacée par intérim par Cynthia Simmons.
Aucune explication officielle n’a été donnée pour ces départs en cascade, mais ils interviennent dans un contexte de restructuration interne et de pressions accrues pour tenir les délais du programme Artemis — notamment le retour d’astronautes sur la Lune d’ici 2026.
Pourquoi ces départs inquiètent ?
- Stabilité menacée : Trois centres majeurs (Marshall, JPL, Goddard) changent de leadership en moins d’un an, alors qu’ils jouent un rôle clé dans les missions lunaires et martiennes.
- Silence de la NASA : L’agence n’a émis aucune déclaration publique sur ces départs, alimentant les spéculations sur d’éventuelles tensions en coulisses.
- Enjeux critiques :
- Marshall supervise le développement de la fusée SLS et du module lunaire.
- Goddard gère les satellites scientifiques et les communications.
- JPL pilote les missions robotiques vers Mars et les astéroïdes.
Quelles conséquences pour Artemis ? Ces changements surviennent alors que la NASA fait face à :
- Des retards techniques sur le SLS et les combinaisons lunaires.
- Une concurrence accrue avec la Chine et les acteurs privés comme SpaceX.
- Un budget sous tension, avec des coupes potentielles au Congrès.
La question se pose : ces départs reflètent-ils des désaccords stratégiques, ou une simple rotation de personnel ? Une chose est sûre : l’agence ne peut se permettre aucune instabilité alors qu’elle vise un alunissage historique.
Et maintenant ? La NASA devra rapidement nommer des successeurs permanents pour rassurer ses partenaires et maintenir le cap vers la Lune. Rae Ann Meyer, avec son expérience de trois décennies, pourrait-elle prendre les rênes définitivement ? Ou la direction de la NASA optera-t-elle pour des profils externes ?
Une certitude : les prochains mois seront décisifs pour l’avenir de l’exploration spatiale américaine.


