Amazon passe à la vitesse supérieure dans la course à l’internet spatial. Lors de la à Paris, le 15 septembre 2025, Ricky Freeman, président de , a annoncé que la constellation Project Kuiper allait doubler de taille d’ici la fin de l’année, avec trois nouveaux lancements prévus. Objectif : offrir des services haut débit aux États-Unis et dans quatre autres pays d’ici mars 2026, malgré des défis logistiques majeurs. Une stratégie ambitieuse, mais freinée par un problème inattendu : le manque de fusées disponibles.
1. Un déploiement en accéléré, mais sous pression
102 satellites déjà en orbite, et tous opérationnels Freeman a confirmé que les satellites déjà lancés « fonctionnent tous normalement » et se dirigent vers leur position orbitale finale. Une performance technique qui contraste avec les retards accumulés dans le calendrier global.
L’urgence des lancements Amazon doit déployer la moitié de ses 3 236 satellites d’ici juillet 2026 pour respecter les conditions de sa licence de la . Pourtant, sa stratégie de s’appuyer sur des nouveaux lanceurs (, , ) a ralenti le projet d’un an. « Notre plus gros défi aujourd’hui, ce ne sont pas les satellites, mais bien les lancements », a-t-il admis.
2. Des performances qui dépassent les attentes
Des débits record Les tests en orbite ont révélé des vitesses de téléchargement jusqu’à 1,8 Gbps et des téléchargements à 450 Mbps – des chiffres qui surpassent les prévisions initiales.
Une innovation clé : les liens optiques inter-satellites Kuiper a réussi à établir des connexions laser de 100 Gbps en quelques secondes, une prouesse qui promet une latence ultra-faible et une couverture mondiale sans faille.
3. Prochaines étapes : un calendrier chargé
Trois lancements avant la fin de l’année
- 25 septembre 2025 : Un déployera 27 nouveaux satellites.
- Octobre 2025 : Un deuxième lancement.
- Novembre/décembre 2025 : Un troisième lancement, portant le total à environ 200 satellites.
Une couverture étendue dès 2026
- Fin du 1er trimestre 2026 : Service continu aux États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne et France.
- Fin 2026 : Extension à 26 pays.
- 2027 : Ajout de services mobiles terrestres et maritimes.
4. Une et collaborative
Freeman a insisté sur l’approche « agnostique » de Kuiper :
- Intégration de technologies tierces (formes d’onde, communications adaptatives).
- Partenariats stratégiques pour enrichir les capacités du réseau.
- Compatibilité avec les programmes souverains européens, perçus comme « complémentaires plutôt que concurrents ».
L’enjeu : éviter la fragmentation du marché Amazon mise sur une interopérabilité maximale, une stratégie qui pourrait redéfinir les standards de l’industrie.
5. Les défis futurs : consolidation et innovation
Freeman a anticipé une vague de consolidation dans le secteur des télécommunications par satellite d’ici cinq ans, avec quatre axes clés :
- Connectivité directe aux appareils (smartphones, capteurs IoT).
- Allocation optimisée du spectre.
- Cybersécurité renforcée.
- Intégration de l’IA pour optimiser les réseaux.
L’IoT spatial et le en orbite Kuiper ne se limite pas à l’internet haut débit : Amazon prépare aussi des solutions pour l’ (IoT) et le traitement des données en périphérie, directement depuis l’espace.
6. Kuiper vs. Starlink : une bataille technologique et stratégique
Points forts de Kuiper
- Architecture ouverte : Contrairement à Starlink, Kuiper se veut interopérable avec d’autres systèmes.
- Partenariats publics : Collaboration avec les gouvernements pour des réseaux souverains.
- Innovation technologique : Liens laser, adaptabilité, et intégration de l’IA.
Un retard à rattraper Malgré ses atouts, Kuiper accuse un retard d’un an sur son calendrier initial, tandis que Starlink (SpaceX) compte déjà plus de 6 000 satellites.
7. Vers une connectivité mondiale d’ici 2027 ?
Amazon se positionne comme un acteur incontournable de la connectivité spatiale, avec :
- Une couverture mondiale progressive.
- Des services haut débit compétitifs.
- Une approche collaborative pour éviter les silos technologiques.
La question reste : Kuiper pourra-t-il rivaliser avec Starlink, ou trouvera-t-il sa propre niche ?


