Firefly Aerospace, une société spatiale américaine en pleine croissance, propose ses fusées et ses plateformes orbitales pour soutenir l’initiative de défense antimissile Golden Dome du Pentagone. Ce programme colossal, évalué à 175 milliards de dollars, vise à protéger les États-Unis contre les menaces de missiles de nouvelle génération.
Une contribution stratégique avec la fusée Alpha
Lors du sommet de l’industrie aérospatiale organisé par la Chambre de commerce des États-Unis le 11 septembre, Jason Kim, PDG de Firefly, a expliqué que la fusée Alpha pourrait être utilisée pour lancer des cibles d’essai de défense antimissile.
Avec une capacité de plus de 1 000 kilogrammes en orbite terrestre basse, Alpha a déjà prouvé son efficacité, notamment lors d’une mission réussie pour l’US Space Force en 2023. Firefly met en avant sa capacité à réaliser des lancements rapides, parfois en moins de 24 heures, un atout précieux pour un programme comme Golden Dome.
La plateforme Elytra : un hôte potentiel pour les intercepteurs
Firefly mise aussi sur sa plateforme orbitale Elytra, un satellite conçu pour des missions de longue durée et doté de grandes réserves de carburant. Grâce à sa forte manœuvrabilité, Elytra pourrait héberger les futurs intercepteurs spatiaux de Golden Dome.
Selon Jason Kim, une constellation de milliers d’intercepteurs en orbite pourrait un jour voir le jour afin de contrer des menaces balistiques, de croisière ou même hypersoniques.
Golden Dome : un projet ambitieux et controversé
Golden Dome est l’une des priorités de sécurité nationale héritées de l’administration Trump. Le projet prévoit une défense en plusieurs couches :
- des intercepteurs terrestres,
- des systèmes basés en mer,
- et à plus long terme, des intercepteurs en orbite terrestre basse.
Ces derniers reposeraient sur des technologies encore expérimentales, avec des démonstrations qui ne devraient pas avoir lieu avant 2028. Le Congrès a déjà débloqué un financement initial de 25 milliards de dollars pour lancer la campagne d’essais.
Une entreprise spatiale en pleine ascension
Basée à Cedar Park, Texas, Firefly Aerospace a franchi une étape majeure en entrant en bourse au Nasdaq le 7 août. Elle prévoit également d’élargir son réseau de lancement :
- au Mid-Atlantic Regional Spaceport en Virginie dès 2026,
- puis au centre spatial d’Esrange en Suède en 2027.
En mars 2024, Firefly a marqué l’histoire avec son atterrisseur Blue Ghost, qui est devenu le premier engin privé à réussir un alunissage vertical pour la NASA, renforçant la notoriété internationale de l’entreprise.
Avec Alpha et Elytra, Firefly espère jouer un rôle central dans le développement de Golden Dome et s’imposer comme un partenaire incontournable du Pentagone. Cette ambition illustre plus largement la compétition des entreprises spatiales privées pour prendre part à ce qui pourrait devenir l’un des plus grands programmes de défense américains.
Pour en savoir plus sur les projets de défense antimissile des États-Unis, tu peux consulter le site du Missile Defense Agency (MDA) qui pilote une grande partie de ces initiatives.


