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Orbital Paradigm : la startup espagnole qui veut révolutionner les véhicules de rentrée réutilisables

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Madrid, 4 septembre 2025 — Une nouvelle actrice européenne entre en scène sur le marché prometteur des véhicules de rentrée spatiaux : Orbital Paradigm, une startup madrilène, annonce son premier vol d’essai avant la fin de l’année. Son objectif ? Développer une capsule réutilisable, capable d’assurer des vols fréquents et économiques pour ramener des charges utiles depuis l’orbite.


KID : un démonstrateur miniature pour un défi géant

Baptisée Kestrel Initial Demonstrator (KID), cette mission marquera la première incursion d’Orbital Paradigm dans l’espace. Avec seulement 40 cm de diamètre, 30 cm de hauteur et 25 kg, KID est un prototype réduit au strict minimum pour valider les technologies clés.

À bord :

  • Des expériences pour Alatyr (startup française spécialisée en microgravité).
  • Un projet de l’Université Leibniz de Hanovre.
  • Une charge utile pour un client non divulgué.

Déroulement du vol :

🔹 Lancement (date et fusée non encore officiel).

🔹 Quelques heures en orbite, attachée à l’étage supérieur.

🔹 Séparation et rentrée atmosphérique au-dessus du Pacifique Sud, après une impulsion de freinage.

🔹 30 minutes de vol libre pour tester :

  • Le système de guidage.
  • Un échantillon de protection thermique en céramique.

Pas de récupération : la capsule, dépourvue de parachute, transmettra ses données via deux transcepteurs Iridium (un à bas débit, un à haut débit) avant de se désintégrer. « Nous voulons démontrer le maximum, collecter des données, et passer à l’étape suivante », explique Francesco Cacciatore, PDG et CTO de la startup.

Un développement express :

  • 9 employés.
  • Moins d’un an pour concevoir KID.
  • Budget serré : moins d’1 million d’euros (1,2 million de dollars).

Un calendrier ambitieux vers la réutilisabilité

Orbital Paradigm ne compte pas s’arrêter là. Voici sa feuille de route :

MissionDateMasseObjectifs
KID202525 kgTest des systèmes de base et du bouclier thermique.
Learn To Fly2026120–150 kgPremière capsule avec propulsion intégrée (fournie par Pangaea Aerospace). Amerrissage près des Açores.
Kestrel (pleine échelle)Dès 2027350 kg120 kg de charge utile, réutilisable, atterrissage de précision.

Learn To Fly sera un saut technologique :

  • Premier amerrissage contrôlé, en collaboration avec l’Agence spatiale portugaise (qui développe un port spatial aux Açores).
  • Système de propulsion embarqué, une différence majeure avec les concurrents comme Varda Space Industries.

« Nous visons une réutilisabilité maximale, avec tous les systèmes intégrés dans la capsule — pas de module de service jetable. C’est plus efficace économiquement », souligne Cacciatore.


Se démarquer dans un marché concurrentiel

Orbital Paradigm n’est pas seule. Plusieurs startups se disputent ce créneau :

  • Varda Space (États-Unis) : 3 missions réussies, mais une approche « biotech d’abord » (recherche pharmaceutique en microgravité).
  • Inversion Space (États-Unis) : premier vol en janvier 2025, mais échec de la rentrée en mai à cause d’un problème de propulsion.
  • Atmos Space Cargo (Allemagne) : données collectées en vol, mais pas pendant la rentrée.

La stratégie d’Orbital Paradigm :

Réutilisabilité : contrairement à Varda, qui jette son module de service, Kestrel gardera sa propulsion.

Manœuvrabilité accrue : réduire les forces G à moins de 3g pour préserver les charges sensibles (cristaux de protéines, tissus vivants).

Précision d’atterrissage : à terme, des retours ciblés et doux.

Ouverture à tous les secteurs : « Varda est une entreprise biotech qui fait de l’espace. Nous, nous sommes un taxi spatial — nous transportons tout type de client », résume Cacciatore.

Objectif : des missions mensuelles dès le début des années 2030.


Un modèle économique à prouver

Avec 1,5 million d’euros de financement initial et 1,7 million en subventions (dont des fonds de l’ESA), Orbital Paradigm mise sur l’agilité :

  • Petite équipe expérimentée.
  • Coûts maîtrisés.
  • Flexibilité pour s’adapter aux besoins des clients.

« Les clients disent vouloir un service léger et fréquent — c’est ce que nous construisons. Mais entre les paroles et les actes, il y a parfois un écart. Le marché tranchera », tempère Cacciatore.

Prochaine étape : une levée de fonds pour financer Learn To Fly et accélérer le développement.


Pourquoi cette approche pourrait tout changer

  • Réduction des coûts : pas de gaspillage de modules de service.
  • Fréquence accrue : des vols réguliers pour la recherche, l’industrie et la logistique spatiale.
  • Polyvalence : des cristaux de protéines aux démonstrations technologiques, en passant par la production en orbite.

« Nous sommes un taxi, et beaucoup de monde veut voyager. Nous sommes prêts à les emmener », conclut le PDG.

À suivre : le premier vol de KID d’ici fin 2025 — et la preuve que l’Europe peut jouer un rôle clé dans la nouvelle économie de la rentrée spatiale.

Site Internet : https://orbitalparadigm.space/

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