dim 1 février 2026
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Blocage du 10 septembre : Comment la récupération par l’extrême gauche enterre les revendications des « gueux »

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Le 10 septembre 2025, la France pourrait s’arrêter. Le collectif « Bloquons tout », né d’une colère spontanée contre les mesures budgétaires du gouvernement Bayrou, appelle à un « arrêt total du pays ». Pourtant, derrière l’unité apparente se cache une fracture profonde : alors que des citoyens et des groupes comme « Les Gueux » réclamaient d’abord une réduction drastique du train de vie de l’État – une revendication large, populaire et transversale –, le débat public s’est recentré sur des exigences plus clivantes, portées par l’extrême gauche : réinvestissement massif dans les services publics, annulation des suppressions de postes, maintien intégral des jours fériés, et refus catégorique de toute réforme d’austérité. Ce glissement n’est pas anodin. Il risque non seulement d’affaiblir la mobilisation, mais surtout d’enterrer les vraies attentes des Français : une gestion plus juste et plus efficace de l’argent public.

L’extrême gauche en première ligne : le meilleur allié du gouvernement

En laissant les revendications les plus radicales dominer le discours, le gouvernement trouve un adversaire de choix. Associer le mouvement à l’extrême gauche lui permet de le présenter comme irréaliste, voire dangereux pour l’économie. Pour Matignon, c’est l’occasion de :

  • Discréditer la contestation : En brandissant la menace d’un « blocage idéologique », le pouvoir peut plus facilement justifier une réponse ferme, voire répressive, et diviser l’opinion.
  • Éviter le vrai débat : Plutôt que de discuter des économies possibles sur les dépenses superflues de l’État (frais de fonctionnement, niches fiscales, subventions inefficaces), le gouvernement oriente le débat vers des sujets polarisants : faut-il supprimer des jours fériés pour financer les hôpitaux ? Faut-il alourdir la dette pour sauver les services publics ? Des questions qui occultent l’essentiel : comment dépenser mieux, sans sacrifier l’indispensable ?
  • Gagner du temps : Tant que le mouvement est perçu comme radical, le gouvernement n’a pas à répondre aux attentes concrètes d’une majorité de Français – y compris parmi ses propres électeurs – qui demandent plus de transparence et moins de gaspillage.

Le piège : un mouvement contre-productif pour les Français

Le risque est double. D’abord, les revendications consensuelles – comme la réduction du train de vie de l’État – passent à la trappe. Pourtant, elles pourraient rassembler bien au-delà des clivages politiques. Ensuite, la radicalisation du mouvement aliène une partie de la population, notamment les classes moyennes et les indépendants, qui pourraient autrement soutenir une protestation contre le gaspillage public.

Pire : en refusant d’aborder ces questions, le gouvernement alimente la défiance. Les Français ne sont pas dupes. Ils savent que des marges de manœuvre existent : suppression des dépenses inutiles, lutte contre les fraudes fiscales, optimisation des subventions… Autant de pistes qui, si elles étaient explorées, pourraient désamorcer une partie de la colère sociale. Mais en laissant le débat se polariser, le pouvoir prend le risque d’une radicalisation durable du mécontentement. Quand les citoyens ont l’impression que leurs préoccupations sont ignorées ou instrumentalisées, la frustration se transforme en colère – et la colère, en rejet pur et simple des institutions.

Le paradoxe d’un blocage qui pourrait… renforcer le statu quo

Ironie de l’histoire : ce mouvement, censé faire plier le gouvernement, pourrait finalement le conforter. En se focalisant sur des revendications perçues comme extrêmes, il donne à l’exécutif l’occasion de jouer les remparts de la raison économique, tout en évitant soigneusement de s’attaquer aux vrais problèmes. Résultat ? Les Français continuent de payer – littéralement – les conséquences d’un système qu’ils jugent trop coûteux et peu efficace, tandis que les vraies réformes sont repoussées aux calendes grecques.

Et après le 10 septembre ?

Si le blocage a lieu, deux scénarios se dessinent :

  1. Le gouvernement l’emporte : La mobilisation, discréditée, s’essouffle. Les revendications sur le train de vie de l’État sont oubliées. Le pouvoir peut continuer comme avant, sans avoir à justifier ses choix budgétaires.
  2. La colère persiste : Privés de réponses sur le fond, les Français pourraient se tourner vers des solutions plus radicales encore, ou basculer dans un rejet massif du système politique.

Dans les deux cas, les perdants seront les mêmes : les citoyens, dont les attentes légitimes – moins de gaspillage, plus de justice fiscale – restent lettres mortes.

Le vrai enjeu : retrouver un débat apaisé et constructif

La France a besoin d’un débat sérieux sur ses dépenses publiques. Pas d’un affrontement stérile entre « radicaux » et « réformistes », mais d’une discussion concrète, chiffrée, et sans tabous sur l’utilisation de l’argent public. Le 10 septembre pourrait être l’occasion de lancer ce débat… ou de l’enterrer définitivement.

Et vous, pensez-vous que ce mouvement peut encore faire entendre les vraies revendications des Français ? Ou est-il déjà trop tard ? Réagissez en commentaires.

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